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Le Monument aux Morts pour la France d'Annemasse

Silhouettes familières, dressées dans chaque commune au début des années 20, les monuments aux morts font partie intégrante du paysage français. Objets de mémoire, ils sont là pour se souvenir de l'horreur d'une guerre, celle de 14-18, qui a entraîné dans son sillage plus d'un million et demi de morts. Gravées dans leurs flancs, de longues listes de noms révèlent l'ampleur de cette hécatombe.

En 1919, une loi d'hommage aux combattants vote l'attribution de subventions aux communes pour "glorifier les héros morts pour la Patrie".

 

Projets d'Annemasse

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Le 6 mars 1920, la Ville d'Annemasse décide en conseil municipal, d'élever un monument « aux enfants d'Annemasse morts pour la Patrie ». Il choisit également la place de la mairie pour son emplacement et fixe le montant de la totalité des travaux à 60 000 francs. Un comité du Monument aux Morts est mis en place, dont la principale activité est de collecter une partie de la somme nécessaire, par voie de souscriptions, dons et subventions diverses (Pour le monument, le comité réunit 49 805,95 frs de dons et souscriptions, et obtient 560 frs de subvention du Ministère de l'Intérieur, portant le total à 50 365,95 frs. La ville d'Annemasse complète aux budgets additionnels de 1923 et 1924.).

Un premier projet voit le jour en 1921 mais doit être abandonné pour deux raisons :

  • Le montant du projet est nettement supérieur à la demande de la municipalité.

  • L'artiste de l'œuvre, Charles Anthonioz finit par déclarer la place de l'Hôtel de Ville trop petite.

Cette difficulté permet à Annemasse d'envisager un autre emplacement, pratiquement vierge de toutes constructions : le terrain en face de l'école supérieure (aujourd'hui Collège Michel Servet). C'est seulement lorsque ce terrain est acheté qu'Annemasse lance en août 1923, un nouveau concours d'artistes. Cinquante-et-une personnes répondent : statuaires, architectes, sculpteurs, marbriers, dessinateurs... De tous les coins de France : Paris, Lyon, Montreuil, Rouen, Laval, Amiens mais aussi Annecy, Thonon-les-Bains, Genève.

 

Réalisation

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Le jury du concours est composé de quatre conseillers municipaux, dont le maire Aimé Coquand, deux membres du Comité du Monument aux Morts et trois professeurs de l'Ecole des Beaux-Arts de Lyon. Il choisit en avril 1924 le lauréat : Raoul Josset  (1892- 1957), statuaire à Paris.

Il faudra plus de 18 mois à cet artiste pour réaliser son œuvre : le piédestal est posé en avril 1925, sur des fondations édifiées par l'entrepreneur annemassien A. Vaisy. La statue arrive par train et est installée en décembre 1925. La gravure des noms est ensuite assurée par Ch. Allegri, graveur à Genève, portant ainsi la réception définitive des travaux au 17 mai 1926. Le total des travaux s'élèveront en définitive à 81 416 francs.

Un assez grand jardin est aménagé autour du monument, clos d'une barrière, permettant ainsi le recueil des familles. Devenu difficile à entretenir, les pelouses et fleurs de ce jardin sont remplacées dans les années 1950 par de l'asphalte.

 

Symbolique

Le monument est composé de trois parties :

  • Les emmarchements comprenant cinq rangées de marches en granit.

  • Le fût composé de blocs de granit sur lequel sont inscrits les noms des morts pour la France.

  • La statue de bronze. Il s'agit d'un groupe allégorique d'une femme représentant la France et couronnant d'une palme (symbole de la Victoire) un poilu campé devant.

A l'exemple de bon nombre de monuments aux morts, celui d'Annemasse suggère la guerre plus qu'ils ne la montre. Requis pour porter les noms des combattants qui ont péri lors des guerres de 1939-1945, d'Indochine et d'Algérie, il sert toutes ces guerres, qui finalement vont se fondre en une seule, avec une « vicitime » : le soldat.

 

Inauguration du 27 juin 1926

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En mai 1926, le conseil municipal débat de l'inauguration, qu'il fixe au dimanche 27 juin 1926. Il nomme également une commission chargée d'établir le programme. Celui-ci désireux de conserver à cette solennité son caractère grandiose arrête le programme suivant :

  • Samedi 26 juin, 19 heures : sonnerie des cloches ;

  • Dimanche 27 juin, début de la cérémonie à 9 heures par la formation d'un cortège partant de l'hôtel de ville pour inaugurer le nouveau monument, en passant par le cimetière, où est déposée une gerbe de fleurs sur les tombes des victimes de la guerre.

Ode et discours agrémentent cette inauguration. Ils furent nombreux : ceux de M. Boutin, président des Mutilés, Dr. Coquand, maire d'Annemasse et autres personnalités politiques du canton d'Annemasse et de la Haute-Savoie. Un emplacement est réservé autour du monument aux familles des disparus.

Voir la copie de l'ode chantée lors de l'inauguration de 1926 (application/pdf 302,17 kB)

 

Commémorations

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L'étude des monuments aux morts est indissociable des cérémonies dont ils sont le centre. Les premières sont organisées lors du 11 novembre, devenu fête nationale par la loi du 24 octobre 1922, sous la pression des anciens combattants.

Les cérémonies qui entourent la Seconde Guerre mondiale sont moins codifiées que celles du 11 novembre. Ceci est dû d'abord au fait que le 8 mai ne devint jour de fête légale que par la loi du 20 mars 1953, transformé en 1959 en "jour de commémoration", pour finalement ne plus être commémoré entre 1975 et 1981. Pour les autres conflits, il s'agit de simples « jours de commémoration » :

  • Dernier dimanche d'avril : journée nationale de la Déportation

  • 16 juillet : cérémonie en hommage aux victimes des persécutions racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux Justes de France

  • 25 septembre : hommage aux Harkis

  • 5 décembre : hommage aux « Morts pour la France » de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie.

 

Réaffirmer la présence du monument

Le monument aux Morts d'Annemasse est-il de nos jours méconnu ? Il n'en demeure pas moins et à plusieurs titres un témoin historique, qu'il s'agisse de l'histoire des mentalités, de l'histoire de l'art, de l'histoire de la commune tout simplement : les noms gravés traduisent le poids des guerres sur la vie locale quand ils ne sont pas aujourd'hui la seule trace de certaines familles.

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Aussi, la ville d'Annemasse a-t-elle régulièrement entrepris des travaux d'entretien, notamment à l'occasion de la gravure de nouveau noms. Les derniers en date sont contemporains de la construction du parking et de la nouvelle place de la Libération (2008-2011). Durant les travaux de la place, le monument est déplacé : le socle sur la place Jean Deffaugt et la statue, chez le marbrier Lavergnat, route de Bonneville pour un nettoyage et traitement des zones abîmées.

Le 14 septembre 2011, le monument aux morts d'Annemasse a retrouvé son emplacement initial, légèrement décalé afin d'être positionné dans l'axe de l'avenue de la République. Il est installé, sans les emmarchements, dans un espace revêtu de platelage bois, en chêne de Bourgogne où vient se dessiner au sol une ellipse revêtue d'un pavage en granit gris et bleu.

 

 

(Sources : Archives municipales d'Annemasse)

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