Chroniques annemassiennes

18 juin 1940, date du célèbre appel du Général De Gaulle sur les ondes de la BBC. Pour ne pas oublier cette période de l'Histoire, nous vous proposons depuis cet été un cycle sur la Seconde Guerre mondiale à Annemasse. Ce mois-ci, le portait de deux résistants : Les frères Tassile.

Annemasse en 39-44 : Volet 4/4 Les frères Tassile

 

 

L’engagement dans la Résistance

Suite à l’armistice, de nombreux hommes et femmes entrent en Résistance, organisés en mouvements ou réseaux. Les motivations sont diverses : en réaction à l’occupation étrangère, par refus du service du travail obligatoire (STO), dans le cadre d’une lutte politique et morale.

A Annemasse, dès 1940, il y a par exemple le groupe Combat avec René Blanc et le couple Saint-Sulpice et Libération-Sud avec Jean Carrier. Ils seront réunis en 1943 dans les Mouvements unifiés de la Résistance (MUR)Les Francs Tireurs et Partisans (FTP) se forment quant à eux à partir de l’année 1943, sous la conduite de Jean Vittoz.

Leur action prendra de nombreuses formes. Ils impriment et distribuent tracts et journaux, recherchent des informations, mettent en place des sabotages ou actions armées, organisent des passages en Suisse.

 

 

Une famille italienne à Annemasse

Comme évoqué dans les articles précédents, de nombreux Italiens s'installent à Annemasse suite à la montée du fascisme en Italie. Ce fut le cas de Gelundo Tassileantifasciste italien, originaire du village de Pocénia dans la province d’Udine. Quelques années plus tard sa femme et ses enfants, dont Lauro et Renato nés en 1922 et 1925, le rejoignent au « Clos Fleury ».

Ils effectuent une scolarité exemplaire à l’école supérieure, entament un apprentissage en ébénisterie à l’usine de meubles Pignal. Lauro est aussi coureur cycliste au Vélo Club d’Annemasse. Les deux hommes participent activement à la vie d’Annemasse.

 

 

L'implication des frères Tassile

Vivant dans un milieu familial antifasciste, ils entrent spontanément en Résistance. En 1943, Lauro devient membre de la compagnie FTP 93.04 aussi nommée « la Patrouille blanche ». Renato les rejoint en février 1944. Pour servir le mouvement, ils devront s’éloigner d’Annemasse et prendre le maquis. La Patrouille Blanche réunit des résistants autour d’Araches, Cluses et Scionzier.

La pression sur les maquis s’accentue en mars/avril 1944. Les actions de cette compagnie alertent les forces du maintien de l’ordre qui souhaitent mettre un terme à leur activités. La compagnie, sous le commandement de Paul Benest, effectue une opération de récupération près de Taninges le 21 mars. Pendant celle-ci, Lauro est arrêté à Cluses avec trois autres Résistants. La Patrouille Blanche se replie alors sur le hameau de Carroz, dans la gare supérieure du téléphérique. Les Groupes mobiles de réserve (GMR), ne réussissant pas à les déloger, les contactent en se faisant passer pour un officier parachutiste. Un rendez-vous est pris le 24 mars, le piège se referme sur Renato Tassile, Paul Benest et Philippe Vallée. Ils sont abattus sans sommation et laissés pour mort. Ils ont entre 18 et 20 ans.

Lauro transféré à Annecy est interrogé pendant plusieurs jours. La nuit du 7 au 8 avril, une cour martiale expéditive le condamne en l’accusant sans preuve du meurtre d’un gendarme. Il est immédiatement fusillé.

Renato et Lauro sont tous deux déclarés morts pour la France, leurs noms apparaissent sur le monument aux morts et ils ont une stèle au niveau de la rue des frères Tassile.