Patrimoine bâti et espaces publics

Le patrimoine bâti et les espaces publics d'Annemasse ont considérablement évolué au cours des siècles. Pour vous les faire découvrir, il vous sera présenté, chaque mois sur cette page, un lieu et l'histoire qui l'a façonné. Ce mois-ci est dédié à la villa Fantasia. Vous trouverez bientôt de nombreux historiques à télécharger.

LA VILLA ET LE PARC FANTASIA

Description

Elle attire l'attention par sa terrasse élevée sur le toit. L'ancienne « villa Montfort », du nom de son constructeur, Albert Montfort, architecte et conseiller municipal, a été construite sur le rebord du plateau qui surplombe l'Arve en 1885. La propriété, située en bordure du chemin du Brouaz comprenait d'autres dépendances telles que conciergerie, garage, bâtiments à usage rural : écurie, poulailler, serres..., aujourd'hui disparus.

Subsiste, « le pavillon du jardinier » trônant au milieu du parc, qui s'étend sur plus de 8000 m² et comprend de nombreux arbres centenaires, tels que cèdres bleus, cèdres du Liban, pins sapo, pins silvestre, érables, marronniers...

La villa, bâtie en pierre ou granit, est composée de deux étages au sous-sol en voûtes et aux murs de 0,80 m d'épaisseur. Sur le côté, deux terrasses couvertes et vitrées accentuent le style Art Nouveau de l'édifice.

Historique

En 1921, la famille Montfort vend la villa à un industriel isérois André de Girodon-Pralong. Décédé en 1928, sa femme Marie Théodorine se remarie en 1930 avec Michel Molines, commerçant à Alger. Tous deux entreprennent entre 1930 et 1947, différents travaux : dans les dépendances qui menacent ruines et surtout dans la villa, qui bénéficie d'une décoration mauresque. C'est notamment à l'intérieur, au centre du bâtiment, une tour hexagonale de trois mètres de diamètre partant du rez-de-chaussée et éclairée par une verrière sommitale, tel un puits de lumière. Vers 1939, la villa est appelée «La Fantasia ». Après la guerre, le couple Molines est domicilié à Nice. Tout en louant la villa, ils envisagent d'y installer un casino, d'abord sur leurs propres deniers puis en s'attachant un groupe financier. Sans succès, ils proposent en 1961 à la ville d'Annemasse, la vente de leurs biens, dans l'espoir que celle-ci parviendra à implanter le casino.

Lorsqu'en 1968, la ville d'Annemasse parvient enfin à acheter la « Villa Fantasia » après maintes négociations administratives et financières, toutes sortes de projets avaient été envisagés : casino, salle de spectacle, lotissement. L'acquisition est en définitive faite pour réserve foncière et utilisée comme logement pour le personnel municipal moyennant la surveillance et l'ouverture-fermeture du parc, ou pour abriter des services comme ce fût le cas entre 1970 et 1993 du service départemental de Protection Maternelle Infantile, la crèche familiale ou encore une antenne du centre médico-psychologique de la Roche-sur-Foron. Plus tard, des archéologues l'utilisent pour entasser leurs découvertes, lors des fouilles qui ont précédé le chantier de construction du quartier St André.

 

Lieu de vie

En 2001, dans le cadre de la saison théâtrale du Relais culturel Château-Rouge, la Villa Fantasia devient pour quelques soirs, l'écrin d'une série de lectures de textes d'Anthon Tchékhov.
Désormais, le parc ouvre ses portes chaque été au Festival Musical'été, chaque vendredi de juillet et août pour des concerts de musique du monde.